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Le Cube 2

Publié le par Renaud

La tribune telle que je la découvre en entrant.
La tribune telle que je la découvre en entrant.

Il est aux alentours de minuit. Aujourd'hui nous avons avec ma femme et quelques amis terminé notre déménagement. Je suis complétement exténué et mon dos n'est plus en état de soulever quoique ce soit. Confortablement installé sous la couette, je consulte fessebouque avant que mes yeux ne clôturent cette journée épuisante. Je tombe sur un début d'article qui fait référence à un Zénith abandonné de 5000 places, cela m'interpelle. Dés les premières lignes mon cerveau se met en ébullition. Je reconnais immédiatement le spot, je m'y suis rendu il y a quelques mois sauf que moi, je n'y suis pas rentré, à vrai dire je n'avais même pas cherché à y entrer pensant bêtement que toutes les portes étaient fermées. Il s'agissait à l'époque de ma toute première exploration, aujourd'hui je sais que la plupart du temps il y a une entrée...enfin, presque toujours... Là, en regardant les photos faites par cet urbexeur j'avoue que je me sens...comment dire... un peu couillon. Je le contacte et immédiatement il me donne les indications qui vont me permettre d'entrer dans le "cube". Merci à "urbex épaves".

Me voilà donc ce mercredi face à ce gigantesque bâtiment. Les infos sont précises et en quelques secondes je suis à l’intérieur. Wouahhhh, il fait noir, il fait même très très noir. Mes yeux n'étant pas encore habitués à l'obscurité je n'y vois pas à plus d'un mètre. J'éclaire ma frontale qui envoie ses 5000 lumens et me donne immédiatement une idée de là où je me trouve. Je n'avais plus ressenti ça depuis le sanatorium. Sensation d’oppression et de stress me font réaliser que faire de l'urbex tout seul n'est vraiment pas une bonne idée. Une seule entrée et du coup une seule sortie, pas d’échappatoire en cas de soucis. La poussière flotte dans le faisceau de ma lampe, je ferme ma bouche histoire de ne pas absorber toute cette pollution, réflexe inutile je vous l'accorde.

Dés les premiers pas je reconnais le bruit caractéristique du verre se brisant sous les épaisses semelles de mes chaussures, craquement répercuté par la réverb naturelle du lieu. Des néons jonchent le sol, il y en a des dizaines. Je suis face aux quelques marches de l'entrée principale, c'est immense. Des épaisses colonnes grimpent jusqu'au plafond qui culmine à plus de dix mètres de haut donnant à l'ensemble la forme d'une enceinte romaine, un Colisée des temps modernes, c'est magnifique. Je passe la grande porte qui me mène directement au centre de l’arène. Mes yeux s’habituent à la pénombre et quelques puits de lumières me permettent d'éteindre ma frontale. Je me retourne et me retrouve face à la tribune principale. Ornée de sièges jaunes oranges, j'imagine sans problème ce que donneront les photos. Il s'agit là d'une de mes plus belles explorations et j’essaie d'en savourer la moindre seconde. Les bruits suspects ne manquent pas et me sortent régulièrement de ma léthargie contemplative. Durant les années 2000 Renaud, Solar et bien d'autres ont fait vivre cette salle, désormais les taules craquent, le vent s’engouffre dans les aérations, le genre de bruits auxquels je devrais être habitué...mais pas aujourd'hui. Je le répète, je suis seul et seul, l'adrénaline a tendance a prendre le dessus et à amplifier ce genre d'ambiance.

Je décide de prendre de la hauteur et grimpe les quatre étages qui me mènent successivement vers les loges, les vestiaires et sous les toits, c'est d'ailleurs de là que la vue est la plus saisissante. Des loges et vestiaires il ne reste plus grand chose, sur ce spot l’intérêt est ailleurs et réside à mon sens dans l'espace immense de ce lieu. Je me pose au beau milieu des gradins pendant quelques minutes. J'imagine les balances, le larsen du micro que l'on vient de brancher précipitamment, les techniciens et les roadies déchargeant les camions dans une cacophonie monumentale. Quel gachis ! J'ai devant moi un échantillon de ce qu'est capable de faire la bêtise humaine, jeter 13 millions d'euros comme ça. 13 MILLIONS D'EUROS !!!!! C'est ce qu'a couté cette salle. Bien évidemment ce n'est la faute de personne...personne n'est responsable...incroyable. Le plus grave c'est que je suis à peu prés sûr que dans 20 ans rien n’aura changé...Je sais, il est paradoxal d’être scandalisé alors que ce lieu est en train de faire mon bonheur. Un hôpital, un bâtiment administratif, une maison de retraite ok mais une salle de concert de cet ordre... j'ai beau essayer, je ne comprends toujours pas comment on peut en arriver là.

Bref, l'endroit a beau être remarquable (pour un urbexeur hein...) au bout de deux heures j'ai besoin de revoir la lumière du jour.

Une clope, la voiture, la maison.

l'entrée avec ses colonnes

l'entrée avec ses colonnes

Le Cube 2
Le Cube 2
Le Cube 2
Le Cube 2
Le Cube 2
Le Cube 2
La face avant

La face avant

La face arrière

La face arrière

Le Cube 2
Le Cube 2

Commenter cet article

RORO, GREG, MARCO, GEGE. 25/11/2015 16:57

Un bien beau récit que j'ai parcouru avec délectation. J'ai beaucoup aimé l'ambiance des photos et il ne manque plus que les parfums ambiants pour y être.
Du très beau travail. Ha au fait, bonne pêche...

stoupagga 26/11/2015 02:12

Contant que tu ais apprécié l'article, cela me touche car je connais ton aisance à manier les mots. Merci pour la bonne pêche, d'ailleurs je t'adresse un geste fraternel que tu sauras apprécier comme il se doit... fais en bon usage hein... si tu vois ce que je veux dire !!!! lol. Bise poto.