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l'Hôtel de montagne

Publié le par Renaud

Un grand merci à Cédric urbex pour le partage de ce spot.

l'Hôtel de montagne

Les kilomètres défilent, cent, deux cents, trois cents chacun d'eux m'éloigne un peu plus de mes repères et m’emmène tout droit vers l'inconnu. Il n'est pas obligatoire de partir au bout du monde pour se sentir dépaysé, je vais pouvoir le constater aujourd'hui. Perdu dans la montagne, un hôtel de luxe est à l'abandon. Ici, le mot abandon prend tout son sens. Loin de tout, dans le froid, caché dans les nuages, personne n'y reviendra plus...

Il n'y a pas si longtemps, ce complexe affichait complet et son activité se portait au beau fixe. Alléché par l'odeur, un groupe a voulu se porter acquéreur. Rénover, agrandir pour au final déposer le bilan. N'étant plus payés, les ouvriers sont partis du jour au lendemain. Fin de l'histoire.

La route s'élève, elle se rétrécit, les virages sont de plus en plus serrés et la pluie tombe depuis un bon moment déjà. Au travers de mon pare-brise ruisselant, j'aperçois les sommets en grande partie dissimulés par les nuages. J'arrive enfin au petit village qui se situe juste avant l’hôtel, la pluie s'est transformée en neige, elle tombe à gros flocon.

C'est au bout d'un petit chemin que je découvre enfin ce lieu. Il règne un silence incroyable, seul le croisement des corbeaux se fait entendre, rendant l'ambiance un peu plus oppressante. Sur ce genre de spot les animaux ne manquent pas. Perdu au milieu de nul part, cet hôtel sert désormais de refuge aux sangliers et aux chevreuils. Je me pose un instant au pied d'un grand cèdre à l'abri des flocons qui ne cessent de tomber. Pas un bruit, pas un souffle d'air, même le temps semble s'être figé. De temps en temps, un paquet de neige se détache d'une branche et s'écrase sur le sol avec un son feutré bien caractéristique. Il y a de grande chance pour que je ne sois pas seul. Effectivement, cela bouge à environ 50 mètres devant moi, mais impossible à travers ces grands arbres d'identifier ce que c'est. Mon rythme cardiaque s'accélère, mon souffle devient court. J'attends. J'attends qu'un gros mammifère déchire la brume en m'offrant son meilleur profil. Raté, l'animal s'éloigne sans me laisser la chance de le voir une seule fois. Je passerais ma frustration en shootant quelques grives de passage. Il est temps de reprendre le sens de ma visite.

Grive musicienne

Grive musicienne

Une fois à l'intérieur je constate que le chantier est resté tel quel. Tout l'hôtel était en rénovation à l'époque, aucune partie n'est habitable en l'état. De toute façon au vu de l'imbroglio juridique toujours en cours, il y a de fortes chances que ce lieu ne reçoive plus jamais le moindre vacancier. La visite est un peu décevante, peu de pièce sont exploitables. En revanche la piscine intérieure est superbe et rentre pile dans le cadre de ce que l'on peut attendre d'une exploration. Je cherche un bon moment le passage qui pourra me mener au bâtiment principal. Tous les accès sont murés ce qui laisse présager que tout doit être préservé à l'intérieur. Finalement cette partie est à l'image de tout le reste. Des gaines électriques à même le sol, du placo un peu partout. Je prends quand même le temps d'explorer la totalité du bâtiment. Je monte et descend dans les étages, je rentre dans une pièce pour en ressortir par une autre. Allez, j'ai suffisamment perdu de temps ici. Je me dirige vers l'escalier qui doit logiquement descendre au rdc et me mener vers la sortie. Mince, il est muré. Il me semblait pourtant être arrivé par là. Je traverse tout le bâtiment en me disant que la sortie doit plutôt être de ce côté-là. Idem, l'escalier est muré à mi-chemin. A force de tourner et de virer je ne sais plus du tout ou je suis. Etant entré par un petit trou dans un mur, lui-même au sein d'une petite pièce, je n'ai plus le moindre repère pour me remettre dans le bon sens. Je vais passer ainsi 20 bonnes minutes à tourner en rond avant de retrouver la sortie quasi par hasard.

Dehors la neige a cessé de tomber, ce qui me permet de mettre en boite la partie extérieure de l'hôtel, la plus intéressante à mon avis. La vue, jusque-là masquée par le brouillard est tout simplement magnifique. Je file me mettre au chaud dans la voiture, le thermomètre affiche -1.

Une clope, la maison.

L'hôtel tel que je le découvre au bout du chemin.
L'hôtel tel que je le découvre au bout du chemin.

L'hôtel tel que je le découvre au bout du chemin.

La piscine intérieure est superbe
La piscine intérieure est superbe
La piscine intérieure est superbe

La piscine intérieure est superbe

Le grand hall, principal lieu de vie.
Le grand hall, principal lieu de vie.

Le grand hall, principal lieu de vie.

Ce qu'il reste du bar.

Ce qu'il reste du bar.

Signe de vie.

Signe de vie.

Une partie du bâtiment dans lequel je me suis perdu.

Une partie du bâtiment dans lequel je me suis perdu.

 upside down

upside down

l'Hôtel de montagne
l'Hôtel de montagne
l'Hôtel de montagne
l'Hôtel de montagne

Commenter cet article

pascal tofmaker 30/05/2016 20:46

truc de ouf.....superbe spot.....

Ange 12/05/2016 14:53

Bravo pour le récit,on s'y croirait à photo avec le carnet résumé l'atmosphère de ces lieux,bon je vais mettre une doudoune,tu m'a donné froid, biz renaud

Renaud 12/05/2016 15:04

Merci Ange, je me tord pas mal les méninges pour mes textes. J'y accorde autant d'importance qu' ̀a mes photo, du coup ton com me fait super plaisir tt comme ton passage ici. Bise Ange. A bientôt.

laurent 12/05/2016 12:09

magnifique ...

Renaud 12/05/2016 12:12

Merci Laurent.