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MARSEILLE

Publié par Renaud

Golden hour

Golden hour

Quoi dire ? Quoi répondre aux sceptiques qui ne cessent de tirer à vue sur cette ville ? Marseille souffre bien assez comme ça. Elle n'a malheureusement besoin de rien ni de personne pour se mettre en danger. Ses enfants se chargent de cette tache sans la moindre difficulté. Accordez lui le crédit qu'elle mérite. S'il vous plait, accordez lui le bénéfice de vos doutes. 

Marseille ne possède rien mais peut offrir beaucoup. Celui qui sait voir, celui qui sait être patient ne sera jamais trahi. Marseille donne à celui qui saura l'aimer.
N'espérez rien de matériel, ses poches sont vides. Les puissants se sont charger d'alléger les portefeuilles. Des racines, des repères, une base arrière inviolable. Une confiance inébranlable qui pousse à la pensée : "ici, je suis chez moi". Quitter son chez soi, même pour le pire, facilitera l'épreuve des lors que l'on sait d'ou l'on vient et ou on s'en retourne. Voilà ce que vous pourrez y gagner... peut-être...   
Même loin de sa ville le Marseillais ne la quitte jamais vraiment. Il ira en parler ailleurs, il la ventera au delà des frontières. Marseillais avant d'être Français ... tout simplement. Soleil et accent ne sont que folklore. Le mystère est ailleurs. Il repose sur des bases que le "sceptique" ne saisira jamais. Entraides, connivences, révoltes, insurrections. Le "pouvoir" y est tout juste toléré. Venu en tant que déraciné, rejeté ailleurs, oubliés du partage, ils sont désormais Marseillais d'ou qu'ils viennent et façonnent l'âme de la ville. Marseille est une île d'écorchés vifs.

MARSEILLE
MARSEILLE

Arpentant le bitume le visiteur sera plongé au beau milieu de la carte postale. Les sourires sont partout mais ne cachent aucune misère. Il se dit que Marseille est la plus pauvre de France. Le peuple s'en accommode, sans autres choix... ne comptant que sur lui. Quasimodo garde le sourire.
Marchez une heure, un mois, un an. Vous n'y verrez rien, rien que des touristes Anglais ou Japonais acheter quelques poissons de misère, pensant avoir fait l'acquisition du loup ou de la dorade royale. L'arnaque est presque belle... Vous y entendrez à l'ombre des platanes les histoires Pagnolesque d'un "vieux beau" transpirant l'Hugo Boss. Pastis aidant, il vous expliquera que l'équipe de France "c'est de la merde", que "le Pastis guéri tout", que le meilleur appât pour pécher la dorade "c'est le pain ma foi". Et pour finir, le match de la veille, de la meilleure équipe du monde, de celle qui va droit au but, celle qui sera à jamais la première à avoir gagné la coupe d'Europe dans ce pays, vous sera décortiqué sur le zinc du bar. L'arbitre était un sale type ...

Presque à l'heure

Presque à l'heure

Jusqu'au jour ou, à force de marcher, traces de sang sur le bitume, rue barrée par la police, les "Kalash" étaient de sortie cette nuit. Une, deux, trois âmes de moins ce matin. Les uns camperont sur leurs "tant qu'ils se tuent entre eux" les autres vaincus par la fatalité et les yeux brillant soupireront "qué malheur". Voilà que les cadavres encore chauds, la presse se déchaine déjà. Elle va cultiver son choux gras tout au long de la semaine, expliquer ce qu'elle ne connait pas, choisir ses témoins. Elle dressera le portrait de Marseille au reste de la France.
Marseille sait faire parler d'elle, elle sait cultiver la polémique ... mais au final ne demande rien. Elle pardonnera la trahison car elle n'appartient à personne. Malgré les coups de haches et les banderilles, elle offrira à ses détracteurs le gite et le couvert, ses couchés de soleils, ses éclats de rires. Elle saura tendre la main à ses ennemis, lui fera croire, lui laissera penser que peut être... mais saura lui rappeler un jour qu'ils ne seront jamais Marseillais. 

Tous les chemins mènent à Rome.

Tous les chemins mènent à Rome.

Même le temps n'y aura rien changé. Il aura fallu autre chose que 2600 ans d'histoire pour changer son image. Une coupe d'Europe, un groupe de rap et Marseille et redevenue fréquentable. On n'hésite plus à venir y chercher quelques talentueux artistes. A croire qu'ils n'étaient pas là avant ! 
Alors que faut-il connaitre, que faut-il savoir pour venir y vivre ? Rien, rien qu'un solide manuel d'utilisation, car la belle ne fera de concession avec personne. Il faudra maitriser la patience et la mesure du temps. Le temps y passe vite mais les heures y sont très longues. Le rythme est celui des embouteillages. Le flot est lent, hypnotique. Il rend fou. Il faudra également faire allégeance au mistral, capable de souffler pendant des jours durant. Mère de toutes les migraines, il n'a pas d'autre vertu que de chasser les nuages. Il n'empêche, il rend fou.
Le vieux port, point de rencontre de la ville, point de départ des histoires de coeurs. Flânerie. Il est le centre à lui tout seul. Un théâtre à ciel ouvert, la France entière dans son dos comme tribune principale. ll faudra faire avec sa cacophonie. Les Klaxons, les autoradios, le cri des gabians et les gens qui parlent fort. Il faut parler fort pour se faire entendre. Au bruit se greffe les odeurs. Effluves iodées du bassin huileux, anchoïade et fritures en terrasse. Ville de fada.

Old port
Old portOld port

Old port

M Marseille
M Marseille
M Marseille
M Marseille
M Marseille
M Marseille
M Marseille
M Marseille

M Marseille

Ainsi je suis Marseillais. Pas parce que j'y suis né. Juste parce que cela coule dans mes veines.